Megavideo et Megaupload peuvent remercier la Hadopi pour leur succès depuis la France

Depuis la mise en place de la Hadopi et ses premiers emails d’avertissement à destination des Internautes en septembre 2010, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet faisant appel à des polices privées pour lutter contre la contrefaçon numérique, les Internautes français se sont massivement intéressés au téléchargement direct et au streaming, deux technologies non encore surveillées.

L'acronyme « www » stylisé

L'acronyme « www » signifie « world wide web » et désigne la couche web d'Internet (credits image)

Ecrans.fr : Megaupload en plein boom : merci Hadopi ?

Hadopi, la loi française anti-téléchargement illégal, ne fait pas que des mécontents. Ainsi, note Ecrans.fr :

La fréquentation française du site [Megaupload] a fait un bond en 2010 alors que la loi Hadopi, entrée en application cette même année, ne surveille pas les téléchargements directs.

En effet, les organismes de surveillance des téléchargements illégaux travaillant pour la Hadopi surveillent actuellement exclusivement les téléchargements faits de pair-à-pair (P2P) publics, provoquant le déplacement naturel des actes de piratage et de contrefaçon numérique vers d’autres solutions technologiques. Cependant, alors que les téléchargements pair-à-pair exploitaient des solutions essentiellement ouvertes et libres, gratuites, ne faisant profiter que marginalement ceux qui voulaient en tirer bénéfice, les sites de téléchargement massif, tel Megaupload, ou de streaming, tel Megavideo, proposent des services dégradés à leurs utilisateurs gratuits, incitant à l’abonnement payant, et profitent ainsi d’une manne financière tout à fait exceptionnelle et, compte tenu de l’évolution de leur audience, en rapport direct et exclusif à la mise en fonction de la Hadopi, les Internautes français n’étant pas enclins à abandonner leur accès à la culture bon marché.

Pour autant, cette période de grâce pourrait cesser un jour prochain, en France. En effet, la Hadopi travaille déjà sur d’autres solutions de lutte contre le piratage, à base d’une surveillance systématique et généralisée, voire de filtrage, de tous les échanges Internet de France, via la mise en place d’une solution de DPI. De la même veine, la LOPPSI permet désormais aux services de police dépendant directement du gouvernement de filtrer les sites Internet, empêchant leur accès direct.

Cependant, tout comme pour contourner la Hadopi actuelle, il existe des parades largement accessibles et ne réclamant pas de compétences techniques importantes, permettant à tout un chacun de continuer à accéder à la culture à bon prix. Et c’est là tout l’effet pervers de ces lois de lutte contre le piratage à base d’affrontement direct : elles créent et favorisent un marché de solutions d’aide à la contrefaçon initialement non prévues à cet effet, profitant à des réseaux de plus en plus mafieux à tirer un avantage financier là où il n’y en avait aucun ou faible jusqu’alors. Il faut croire que l’Histoire ne nous aura pas appris grand chose, la prohibition d’alcool aux Etats-Unis ayant déjà grandement favorise le développement de mafias dans les années 1920.

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